Ce que Glee m’a appris sur l’écriture

Ce que Glee m’a appris sur l’écriture

(Ou pas…)

Je vous avais fait un article cet autonme sur The Leftovers, ma série préférée de l’univers et du monde et ce que cette oeuvre magistrale (non, j’en fais pas des tonnes) m’avait appris sur l’écriture.
L’exercice m’avait bien plu et j’ai eu envie de faire la même chose avec une autre série chouchou : Glee.

Alors vous allez me dire : WTF??
Glee, une série de teenagers qui chantent du Katy Perry et du Flashdance vs The Leftovers, une série contemplative sur la condition de l’être humain et le rapport à la religion…

Oui, eh bien je suis une personne éclectique, j’aime et je consomme de tout !

Et j’adoooooore Glee.

C’est drôle, c’est punchy, c’est émouvant, et j’ai basé l’entièreté de ma culture musique sur leurs reprises (ce qui n’est pas bien, ne faîtes pas ça.)

Je sais ce qu’on va dire : c’est niais, c’est mièvre, c’est une torture pour les oreilles, c’est de la connerie américaine. Et je ne suis pas tout à fait d’accord. En fait je trouve que Glee est une série plutôt intelligente, qui sait ne pas trop se prendre au sérieux et qui pour l’époque où elle est sortie, diffusait des messages de tolérance et de bienveillance très novateurs !

Alors bon, Glee c’est aussi bien de la merde, parfois. Et j’en ai conscience, et c’est pour ça que cet article sera orienté sur les choses que Glee m’a appris à ne pas faire sur l’écriture.

NB : je vais m’appuyer ici uniquement sur les trois premières saisons, qui sont vraiment mes préférées. Les saisons 4 et 5 sont vraiment beaucoup, beaucoup moins biens.

1- Assumer ce qu’on écrit

Glee, c’est l’histoire d’un groupe de lycéens qui se retrouvent dans un groupe de chorale. Des liens vont se tresser entre les différents protagonistes et les moments clés vont s’exprimer en chanson, évidemment.

Alors, le truc vous allez me dire qu’on peut faire difficilement faire pire : un teenage drama en musique, c’est l’enfer pour beaucoup de gens.

Oui mais les scénaristes de Glee ont adopté une philosophie que je trouve essentielle en écriture : ils assument entièrement ce qu’ils écrivent et ne se prennent pas pour autre chose. Ils écrivent des scénarii mièvres avec des personnages pris dans des tourmentes complètement cucul (quoi que… pas toujours), mais ils n’essaient pas d’être ce qu’ils ne sont pas en tombant dans des écueils qui n’iraient pas ni à leur univers.

Au contraire, ils y vont à fond ! Ils poussent le délire. Ils écrivent une comédie musicale sur des adolescents, et quitte à y aller, ils y vont. J’y reviendrai plus tard, mais Glee utilise aussi beaucoup le ridicule pour montrer qu’ils prennent leur travail à coeur sans le prendre trop au sérieux.

Et ce que j’essaie de faire personnellement : si j’écris une romance, je vais écrire une romance et non pas une théorisation de la vie de couple avec des thèmes et des symboles complexes. Il faut savoir ce qu’on fait, et y aller pour de vrai, les deux pieds dans le plat.

2- Cliché vs Non-Stereotype

Bon, parlons un peu technique.
Un cliché, c’est quoi (merci wikipedia) : une idée ou une formule que l’on retrouve très souvent (…) et qui est devenue banale, usée.

Et un stérotype, c’est (encore merci wikipedia) : une image habituellement admise et véhiculée d’un sujet.

Ce que j’aime dans Glee, c’est ce que cette série est bourrée de clichés. La storyline, les personnages, le contexte et toutes les situations. C’est du vu et revu, du réchauffé…
Mais l’exploitation de tous ces clichés, je trouve, est fasicnante.
Parce que si tout est cliché, les stéréotypes sont complètement revus.

Mon exemple le plus flagrant est celui de Sanata, une cheerleader, une mean girl par excellence, belle et capricieuse. Le genre de personnages qu’on a vu partout dans tous les teenage movies. Mais son cliché est complètement décousu par le fait qu’elle soit éperdument amoureuse de sa camarade Brittany et le fait qu’elle lutte pour le cacher et cacher sa sexualité à tout le lycée.

C’est pas grave d’utiliser des stéréotypes ou des clichés, A CONDITION de les exploiter à sa sauce, de trouver ce qui va sortir du lot, qui va surprendre et faire d’un personnage ou d’une situation a priori cliché, quelque chose d’entièrement neuf.

3- Equilibre drama/fun

J’en parle tout le temps, mais j’aime briser la tension de mes scènes avec une touche d’humour.

Et croyez-le ou non, mais Glee est vraiment drôle. Même pour une cynique sans âme comme moi, je me marre devant les punchlines et devant certaines situations. Et c’est drôle, mais c’est aussi très émouvant (oui, même pour une adulte de 30 ans!)

J’adore que cette série soit capable de me faire passer du rire aux larmes en une seule scène. C’est ce qui fait la richesse d’une oeuvre, cet équilibre entre tension et légèreté. Parce que dans la vraie vie, c’est comme ça, tout n’est pas 100% drama, ni 100% fun.

Dans le tout premier épisode, on nous présente Rachel Berry, le personnage principal de la série. Elle est tournée en dérision de par son égo surdimensionné et sa certitude d’être une superstar, c’est du ridicule, évidemment, mais c’est drôle et ça ne rend pas le perosnnage détestable, mais attachant. Par contre, dans la même scène, on la voit être victime de harcèlement scolaire. En moins d’une minute, j’ai ri, puis j’ai été touchée.

4- Chérir ses intrigues

Bon, un truc que Glee ne fait pas, c’est choyer ses intrigues. Les intrigues amoureuses et amicales partent très souvent en couilles et on a du mal à suivre (mais bon ça fait son charme, et il faut bien un peu de rebondissement!)

Mais c’est au contraire quelque chose que j’essaie d’éviter. Quand on commence à écrire un texte ou un plan et qu’on voit l’intrigue et les sous-intrigues se dessiner petit à petit, je m’attelle à les travailler pour qu’elles soient les plus cohérentes possibles. Pour que mon histoire tienne debout, ainsi que le développement de mes personnages.

Glee ne fait pas ça. Ou alors, il le fait avec des gros sabots. Les incohérences de situations ou d’arc dramatique pourraient faire l’objet d’une thèse entière. Après, le but de la série n’est pas de nous développer une situation précise, mais simplement de diveritr avec des intrigues plus courtes qui ne durent que sur quelques épisodes ou sur une saison entière. Ce n’est pas ce que je veux faire quand j’écris : je tends à choyer mes intgues et développer leur cohérence au maximum.

5- De la diversité !!!

Glee, il y a bien une chose qu’on ne peut lui reprocher, c’est son manque de diversité. Culturelle, ethnique, sexuelle, physique.Glee est une peinture très vivace d’une grande diversité humaine. On sort enfin un peu du blanc-hétéronormé pour arriver dans un univers de personnes qui vivent avec un héritage différent.

Alors, bien évidemment, comme je le disais plus haut : tous les personanges sont des clichés. Mais des clichés plutôt bien exploités.

La vidéo de Jenna Moreci (que vous trouverez ici : Diversity in fiction) m’avait déjà beaucoup fait réfléchir la première fois où je l’avais regardée. A l’époque, je crois que je n’avais pas saisi cette énormité : toute ma vie, j’ai consommé des oeuvres très “blanches” et très hétéro centrées. Et dans la vrai vie, les gens n’ont pas la même culture, la même religion, la même sexualité. Il existe même des gens avec des handicaps ! oui, c’est incroyable !

Alors, je dis pas : Glee reste une série un peu niaise et vecteur d’une “bien-pensance à l’américaine” Mais on ne peut pas lui enlever ça : ils ont fait l’effort de créer des personnages variés.

6- La bienveillance : aimer ses personnages

Les personnages de Glee sont imparfaits (parce qu’ils sont mal écrits?!) Ils prennent de mauvaises décisions, font des erreurs, s’énervent pour rien. Ils ne ont pas lisses, ni ennuyeux. Et faire faire des erreurs à ses personnages, c’est la preuve qu’on les aime, qu’on a conscience qu’ils sont humains.

Dans cette série qui traite de harcèlement scolaire, de sexualité, de trouver sa voie, de grandir, on donne sa voix à tous les personnages, on confronte des points de vue.

Par ailleurs, ces personnages qui ont des défauts ne sont jamais jugés. Ils ne sont ni noirs ni blancs. Ceux qu’on pourrait considérer comme les “méchants” ont toujours une part de bienveillance en eux : on leur donne une chance de déployer l’éventail de leur personnalité, ou de leurs blessures passées. A contrario, même les personnages “gentils”, les plus attachants ont des défauts exaspérants.

Bien évidemment, on est dans un univers de paillettes et de licornes, ce qui explique aussi pourquoi “tout le monde il est gentil.” Mais j’aime à croire que l’idée des scénaristes est plus complexes que ça : oui, tout le monde il est gentil, mais tout le monde il est un peu con aussi.

7- Point bonus : BE A STAR !

Un des thèmes de Glee, c’est l’amour de soi. C’est de suivre sa voie, de travailler dur pour réaliser ses rêves. Outre le fait que c’est bien un message un peu nauséeux à l’américaine, c’est aussi un message d’acceptation. Je sais à quel point c’est niais, mais c’est justement apporté par des personnages imparfaits, représentant des populations très différentes avec des ambitions différentes.

Et évidemment, on peut tirer quelques leçons de l’acharnement des perosnnages à vouloir réaliser leurs rêves, à voir leurs ambitions se faire écraser avant de toujours se relever.

Oui, on est bien loin de The Leftovers, mais parfois, c’est bien aussi d’enfoncer des portes ouverts avec des messages tels que : si tu veux réussir, il faut y croire, échouer et recommencer.

Leave a Reply