Tambouille pour écrivain

Avoir peur de réussir

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Il y quelque chose qui me réveille la nuit en ce moment. Une pensée qui me provoque une panique insoutenable, et c’est : et si ça fonctionnait ?

Et si ça marchait ? Et si je publiais mon roman et qu’il rencontrait son public, que j’avais des critiques positives (et des négatives, aussi, faut pas déconner) ? Et si ça me permettait de développer ma carrière, de gagner un peu plus d’argent ? Et si tout allait comme sur des roulettes, est-ce que je serais capable de le supporter ?

La vérité, c’est que j’en sais rien.

A tel point que ces derniers temps, mon cerveau s’est mis à énumérer une à une toutes les raisons pour lesquelles je ne devrais pas me lancer, pour lesquelles je ne devrais prendre aucun risque. Tout ça pour que je reste bien à ma place et que rien, surtout RIEN ne change.

L’auto-sabotage

Quand réussir vous tétanise, il reste une solution évidente : l’auto sabotage. C’est le moyen idéal de foutre en l’air tous ses projets, histoire de ne jamais avoir à remettre en question la sale opinion qu’on a de soi, ou pire, d’être fière de toi !

Pour s’autosaboter, on peut : procrastiner, publier un livre très moyen, ou le proposer à un prix tellement élevé que personne ne va l’acheter. Il y a aussi la possibilité de foirer son lancement, ou au contraire (et ça, je l’ai fait à la sortie de mon premier roman) : ne pas parler du tout de la sortie de son livre, ou le moins possible.

La peur de réussir, chez moi, elle ressemble à un grand sentiment de honte : je ne mérite pas du tout d’être heureuse ou de connaître le moindre succès. Une phrase que la petite voix dans ma tête me répète beaucoup, c’est : pour qui tu te prends ?

Pour qui tu te prends à vouloir réussir ?

Et c’est parfois insidieux l’auto sabotage. Parce que ça peut se cacher derrière des excuses très valables :

– Non, non, je vais pas faire ma promo, parce que ma maison d’édition s’en charge (c’est faux)

– Je peux pas sortir mon livre maintenant, il est pas assez bien (il sera jamais assez bien, publie-le)

La peur de réussir peut aussi se manifester par ce que les gens autour de nous pourraient dire. Moi, par exemple, je n’arrête pas de me dire que les gens vont me détester, détester mon livre et comprendre que je suis une impostrice.

Comprendre sa peur de réussir, c’est aussi regarder ces vérités sur soi et se demander : ok, c’est ça le pire qui puisse arriver ?

Ok, donc les gens vont me détester et alors ? Ça ne m’empêchera pas d’écrire, d’avoir un amoureux très chou et un chat qui me réveille la nuit pour vomir. Toutes ces peurs, elles sont irrationnelles et elles sont juste un révélateur de nous. Pas de la réalité.

Et s’autosaboter pour des choses qui sont pas vrai, c’est quand même pas un peu con ?

Peut-on vouloir plus ?

Je vous donne un aperçu de ma vie : j’ai un job dans un bureau, je finis le travail à 17h. Ma responsable est très gentille et on s’entend bien. Mon amoureux et moi avons une petite maison et un chat et on est tous en bonne santé. Je ne manque de rien.

Mais je veux plus.

Pourquoi vouloir plus quand on a déjà tout ? Est-ce qu’on en a le droit quand, sur le papier, toutes les cases sont cochées?
Mais j’ai ce sentiment de ne pas être alignée à ce que je suis. Et ce que je suis, c’est autrice. Et je veux pouvoir continuer d’écrire, de publier mes livres et de trouver des lecteurs.

Et quand je me dis ça, j’ai l’impression que je fais un caprice.

Parce que c’est pas joli de pas réclamer, et il y a des gens qui souffrent dans le monde et gnagnagna… Mais je vous le dis (et même moi c’est parfois difficile de m’en convaincre) : on a le droit de vouloir plus. De chercher à s’accomplir davantage, de gagner mieux sa vie, d’être un artiste. On est pas obligé de stagner dans un status quo qui nous emmerde. Et ça ne remet pas en question ce qu’on a déjà, ça ne le dénigre pas.

Dans la croyance populaire, vouloir plus, être ambitieuse, c’est mal. Sortir de ces normes très confortables, c’est se montrer ingrat, égoïste. Comme s’il existait une limite à ne surtout pas dépasser.

Moi j’aimerais bien qu’on la dépasse, cette limite. Et qu’on s’autorise à être aussi ambitieux qu’on le souhaite. 

Alors on se lance quand même ?

Il faut bien, non ?

Le changement, c’est la seule constante de l’existence. Le monde autour de nous va changer. Vos proches, votre travail, tout va changer. Et vous, nous, on va tous changer. Et on le droit. Et ça fait foutrement, affreusement peur. Mais il faut avoir le courage, et l’avoir tous les jours, de se dire qu’on a le droit de réussir et de vouloir plus, et que ce n’est pas un caprice, qu’on ne vole rien à personne.

Pour moi, publier mon roman “Presque une histoire d’amour”, c’est aussi une question d’affirmation. De dire haut et fort que je suis autrice, que j’aime les histoires d’amour, que j’aime la romance, que je suis passionnée par ce que je fais et que je veux passionner mes lecteurs et les rendre heureux.

C’est aussi pour ça que j’aime écrire des personnages qui font ce qu’ils veulent, qui sont qui ils veulent être. Parce que je manque un peu du courage de l’être moi aussi parfois.

On va faire preuve de courage, cette année, mes lapins. N’oubliez pas qu’on fais tous face aux mêmes angoisses. Que c’est humain. Et qu’on va évoluer.

Des petits podcasts qui font réfléchir sur la question :

– Romancière Pro : En finir avec la peur du succès
– Change ma vie : Ai-je le droit de vouloir plus ?

(2) Comments

  1. Awwww ! Merci pour cet article, je me reconnais tellement dans tes mots. Et c’est drôle parce que cette semaine encore, j’étais en train de scander que je voulais plus beaucoup plus dans ma vie. Et oui je pense qu’on a le droit de vouloir, de désirer plus, maintenant il ne reste plus qu’à nous convaincre nous-mêmes que c’est permis et de taffer pour nos rêves. Merci également pour tes recos de podcast. Et courage c’est un travail de longue haleine de s’assumer un peu plus chaque jour.

  2. Article totalement pertinent et tellement dans ce que j’avais envie d’écrire cette semaine ! C’est fou ! Je me suis d’ailleurs permis de te citer dans mon Apprentie en herbe ! Je te souhaite de réussir et de continuer à croire en toi, tes personnages de roman et en ta plume. Belle journée à toi, Sabrina.

    https://entreleslignes.blog/2022/03/11/apprentie-en-herbe-14-ou-le-syndrome-de-limposteur/

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