Tambouille pour écrivain

Être auteurice et gagner sa vie

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J’ai envie de parler d’un sujet tabou… l’argent.

Et plus particulièrement, l’argent quand on est auteur.

C’est bien connu, tous les auteurs sont pauvres, ils ne gagnent pas un rond. Les auteurs riches sont des  multimillionnaire, glamours dont les livres deviennent des films. Et eux c’est des perles rares.

La nature même de l’auteur

Une des conditions sine qua non de la vie d’auteur, c’est qu’on est pauvre. Voilà, c’est comme ça, faut l’accepter : si tu veux écrire, tu vas devoir vivre dans la misère. 

De toute façon, tout le système est pensé comme ça, les auteurs étant les plus mal payés de toute la chaîne du livre. Être auteur n’est même pas reconnu comme un métier et tout cela constitue une part importante de la lutte des syndicats d’auteur. Dans l’imaginaire social, il même est impossible de vivre de sa plume et il faut obligatoirement avoir un autre travail à côté. Vouloir vivre de son écriture serait une illusion, voire un caprice ! 

Et moi, ce genre d’idée reçue, ça m’énerve.

Les croyances autour de l’argent

Gagner trop d’argent, c’est pas bien. Être trop riche, c’est mal vu. C’est louche. Pire encore : gagner de l’argent en faisant de l’art, ça c’est presque immoral ! 

Nous vivons dans un monde où il est très difficile de vivre décemment sans argent et où pourtant l’argent est vu comme étant quelque chose de nocif.

Les auteurs sont supposés être pauvres, d’accord. Mais je fais partie de ces auteurs qui ne veulent pas se contenter d’être contents de pouvoir écrire et être lus. Je fais partie des auteurs qui veulent toucher une rémunération digne de ce nom. 

Oui, c’est normal de vouloir gagner de l’argent en faisant de l’art. Les gens n’en auront jamais assez de consommer de l’art, des histoires, des chansons, des films, et quoi de plus normal que de payer pour un livre, un film ou un abonnement à une plateforme d’écoute ? Pourquoi devrions-nous avoir honte de demander de l’argent en échange d’une œuvre de qualité qu’on a mis des mois, voire des années à produire ?

L’auto-édition, une solution miracle ?

Beaucoup d’auteurs se tournent vers l’auto-édition (moi la première) parce que c’est un vrai levier pour mieux gagner sa vie en tant qu’auteur. Il suffit de regarder les pourcentages que touchent les auteurs sur les ventes de leurs livres :

ME : 6 à 12% papier

ME : 14% numérique

AE : 40% papier

AE : 50 à 75% numérique.

L’auto-édition est aussi un marché en pleine ébullition en France, et c’est pourquoi ce système attire aussi de plus en plus d’auteurs. 

Ce n’est pas pour autant une solution miracle. Certes, on voit pourquoi il y a une telle attraction, mais ça ne nous dédouane pas de produire des livres de qualité, de mettre en place des stratégies de communication et de marketing efficaces.

Et pour ça, il faut de l’argent.

Dépenser de l’argent pour mieux vendre

Vous l’aviez pas vue arriver celle-là, mais oui, pour mieux vendre, il faut être en mesure de dépenser de l’argent

You gotta spend money to make money : il faut dépenser de l’argent pour gagner de l’argent. Se former en communication et marketing, payer la correction et la couverture de son roman, payer des pubs Amazon si on s’auto publie.

Et tout cet argent, c’est pas de l’argent qu’on dépense, c’est de l’argent qu’on investit, qui nous reviendra un jour. Et pour ça que l’argent, c’est chouette et que c’est normal de vouloir en gagner : parce que ça nous aide à produire nos meilleurs livres, à les vendre aux gens qui veulent les lire et à être soi-même plus serein et plus heureux parce qu’on a les finances nécessaires pour vivre.

Alors arrêtons de dire des phrases comme : « Ce n’est pas en écrivant que vous allez devenir riche ! » « Ça se saurait si les écrivains étaient riches ! »

Arrêtons d’entretenir ces croyances néfastes. Oui, ok, ne nous lançons pas dans l’écriture en espérant devenir riche, faisons-le avant tout par amour et par passion. Mais ne nous laissons pas berner par cette fausse fatalité non plus. On peut gagner de l’argent en écrivant, c’est possible. On peut s’en donner les moyens, et on en a le droit.

(1) Comment

  1. Je suis d’accord qu’il faut arrêter de penser que l’argent est un tabou et que les auteurs ont le droit de vivre décemment de leur art… le problème, c’est que malgré tout, le système est ce qu’il est, et qu’on peut vite avoir l’impression de se battre contre des moulins à vent 😅 ça me chagrine un peu que l’auto-édition (et notamment Amazon) apparaisse comme la seule solution de s’en sortir…
    Je rêve d’un régime équivalent à celui des intermittents du spectacle pour les auteurs (et tous les artistes), pour que la survie des artistes ne dépende pas que du marché et de la réussite commerciale de leurs livres… ça fonctionne dans le spectacle vivant, pourquoi pas dans l’édition ?

    Alors c’est sûr qu’individuellement, on peut pas y faire grand chose, et je comprends qu’on n’ait pas envie « d’attendre » que le système soit favorable pour tenter de vivre de son art… mais bon… je me dis qu’on peut être à la fois réaliste et idéaliste, et réclamer un meilleur système pour les auteurs, car si on le fait pas, personne ne le fera à notre place !

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