Les 10 trucs que m’a appris “Daily Rituals” de Mason Currey

Les 10 trucs que m’a appris “Daily Rituals” de Mason Currey

La semaine dernière j’ai lu un livre.

C’était pas un roman, ni un essai. Peut-être un livre de développement personnel…? Bref, c’était Daily Rituals, écrit par Mason Currey.

Ca faisait un moment que j’en avais entendu parler et que je voulais le lire, mais comme toujours, j’ai envie de faire des trucs. Et je les fais pas. Donc, le weekend dernier, j’ai checké ma liseuse, et il y était en version originale pour la modique somme de 4.99€ (oui, je suis radine, il faut vraiment que j’ai très envie de lire un roman pour dépenser plus de 7€ pour un livre numérique qui vaut le même prix en librairie, mais je m’égare !)

Et donc ce livre était vraiment super intéressant. Parfois un peu répétitif, et pour cause, l’auteur a décidé — sans doute dans un souci de procrastinant au lieu d’écrire — de compiler tout un tas de routine créative de pleins d’auteurs, musiciens, graphistes, architectes et autres gens qui ont connu du succès et qui l’ont ou non, attribué à leur routine créative.

On y voit que certains artistes étaient clairement des maboules qui passaient littéralement leur vie à bosser comme des dingues, à se lever à 4h du matin pour écrire jusqu’à minuit. D’autres qui ne dormaient tout simplement pas parce qu’ils préféraient écrire toute la nuit.

Et puis il y a ceux qui n’arrivaient pas à s’organiser et qui tentaient tant bien que mal de poser des mots sur le papier quand leur cervelas bordélique leur en laissait le temps.

Mais c’était passionnant et voilà ce que je retiens pour commencer : la routine idéale n’existe pas. Pas du tout. En fait, la routine idéale, c’est ta routine idéale à un moment T. Celle qui te convient, qui te permet d’avancer à peu près sereinement sur tes projets à un moment donné sans te sentir dépassé. Il faut créer, expérimenter, voir comment ça se passe, se planter et recommencer autre chose.

 

Donc, même si je pense que c’est un livre à lire quand on essaie de se fabriquer une routine, ça reste intéressant de vous donner les grands points que j’ai retenu de ma lecture. 

C’est ce que j’ai retenu, et encore une fois, il ne s’agit pas de vérités gravées dans le marbre. Vous faîtes bien ce qui vous chante et ce qui fonctionne pour vous.

Horaires fixes

La plupart des artistes se mettent au travail à la même heure. Que ce soit tôt le matin comme Simone de Beauvoir qui se levait à 9 heures pour écrire jusqu’à midi. D’autres commençaient tard le soir à partir de neuf heures pour terminer entre trois et quatre heures du matin.

Peu importe l’horaire du moment qu’il soit fixe et qu’il soit le même tous les jours. Que votre cerveau et votre corps soit pleinement conscience que là, maintenant, tu vas écrire, de telle heure à telle heure. Que ce soit aussi imprimé que quand tu prends ton petit dej où l’heure à laquelle tu vas faire caca.

Porte fermée

On écrit seul, dans son coin. 

A part Jane Austen qui écrivait avec sa frangine et sa mère dans le bureau en train de gossiper sur le dernier Paris Match tout en faisant de la couture, la plupart des artistes choisissent de s’enfermer dans un bureau ou un studio avec interdiction formelle aux autres habitants de la maison de venir déranger. On ne vient pas emmerder le génie en plein processus créatif !

Du temps

Certains auteurs — et je suis d’accord avec eux — jurent que d’écrire juste trente minutes par jour suffit pour écrire un roman. Une page par jour, au bout d’un an, on a un roman. Eh oui, il faut pas négliger les petites plages horaires de vingt, trente ou quarante minutes. C’est toujours ça, c’est toujours un moment à soi. Entre soi et son art.

Mais la plupart des artistes consacrent entre deux et quatre heures, voire plus à leur art pendant leur session. Parce que c’est ce long moment qui permet de vraiment se connecter à son travail, à plonger dedans et peut-être entrer dans le flow si merveilleux auquel nous aspirons tous. 

Tous les jours

Alors moi j’ai un leitmotiv : j’écris tous les jours QUAND je travaille sur un projet. Sauf urgence, j’évite de louper une journée de boulot. Mais sinon, je peux passer des semaines où des mois sans écrire.

Et non, je ne suis pas en paix avec ça. 

Anthony Trollope, quand il finissait un roman, il prenait une feuille de papier et en commençait un nouveau. Pareil pour Henry James. Pourquoi? Pour pas perdre la main, pour continuer de s’améliorer et pour maintenir des habitudes fermement ancrées.

L’après-midi, ça sert à rien

Je suis une déprimée de 14 heures.

En fait, quand sonne 14 heures, je passe en mode tristesse. Le monde me semble fade, je hais les gens, je ne sais plus quoi faire de ma peau et je voudrais m’allonger et pleurer jusqu’à 17 heures, quand ça commence à aller mieux.

Et vous savez pourquoi? Parce que l’après-midi, c’est nul. Pourquoi vous croyez que les vieux et les bébés vont faire la sieste dans ces heures-là?!

De 17 à 14 heures, il y a rien à faire, tout le monde est au ralenti, en train de digérer. Et ce n’est clairement PAS l’heure à laquelle il faut se mettre au boulot.

De toutes les routines que j’ai découvertes dans le livre, personne ne disait écrire l’après-midi (sauf les barjots énoncés plus haut.) 

Donc l’après-midi, on oublie.

Faire du sport

Il se passe quoi quand tu passes ton temps derrière ton PC à écrire un roman et que tu fais la sieste l’après-midi? Eh bien, tes articulations s’engouridssent, tes muscles ramolissent, ton cerveau ressemble à un vieux chewing-gum. Donc, il faut faire du sport.

Murikami fait de la natation et du marathon. Kant faisait d’interminables promenades, tout comme Flaubert. Il faut sortir de sa tête pour aller dans son corps, faire du sport, se dépenser et rester en forme.

Apprendre à rêvasser

Et le sport, a un autre avantage, il permet de déconnecter. De rêvasser. Et beaucoup d’artistes parlent de l’importance de se laisser à l’ennui. Parce qu’il paraît que quand le cerveau n’essaie pas, les choses se décantent d’elles-mêmes. 

Et c’est aussi de là que vient l’inspiration. Elle émerge de ces moments d’ennui et de laisser aller. La preuve, vous n’avez jamais eu une pure idée alors que vous attendiez que le feu passe au vert? Ou pendant un rêve?

Toujours au même endroit

Pour rejoindre mon point de la porte fermée, on peut aussi parler de l’importance du lieu. De son bureau/studio/lit.

Le lieu, l’endroit où on crée, qui nous ressemble, nous apaise et nous inspire, là où on est face à son travail et à son envie de bien faire.

C’est là qu’on a ses habitudes, que tout est prêt. Où on a juste à s’asseoir et se mettre au boulot.

Pas de téléphone

(ça c’est mon point perso)

Pour son livre, Mason Currey a parlé principalement d’auteurs qui ont vécu entre le 19 et 20è siècle et tu sais c’est quoi le truc qu’ils avaient pas que nous on a ?!

Un.putain.de.téléphone.portable.

Personnellement, mon téléphone, les réseaux sociaux, mon envie de chercher tout et n’importe quoi sur Google sont mes pires ADDICTIONS et mes pires distractions. Si j’arrête d’écrire en plein milieu d’une session, c’est parce que j’ai soudain pris mon téléphone pour envoyer des messages à Astrid Stérin (merci beaucoup, Astrid!!)

Donc, c’est pas une blague, on met le téléphone dans la pièce d’à côté et on arrête de pleurnicher. 

Travailler rend heureux

J’ai eu une pensée l’autre jour, j’ai réalisé avec une douce mélancolie que j’étais tellement, mais alors TELLEMENT plus heureuse quand j’écrivais. Quand je m’y attelais tous les jours, que je fabriquais des personnages, des mondes, des intrigues. 

H.L. Mencken a dit à la fin de sa vie “Looking back over a life of hard work… my only regret is that I didn’t work any harder” (trad: “Quand je contemple cette vie de dur labeur… mon seul regret est de ne pas avoir travaillé davantage.”) (oué, je sais traduire des phrases en anglais, et tout) et ça m’a fait sourire. Parce que si j’aime regarder des vidéos de cheveux sur Youtube, je dois avouer que je suis tellement plus sereine et satisfaite quand je suis une travailleuse ardue.

Point bonus : quoi qu’il arrive, c’est hyper dur, et faut faire avec

Et ça, c’est la leçon générale que j’ai retenu de cette lecture : s’astreindre à une routine, quelle qu’elle soit, c’est dur. C’est contraignant, ça empiète sur la vie privée. 

C’est injuste, il faut apprendre à écrire, mais aussi à avoir du style, à construire un récit. Il faut être déterminé, optimiste, fonceur. Et c’est encore plus injuste en connaissant toute la solitude qu’il y a derrère, le rejet, l’humiliation et l’indifférence.

Mais c’est le seul moyen — pour moi en tout cas — d’être pleinement heureuse.

Et vous, vous l’avez lu ce livre? Vous avez des routines d’écriture?? 

This Post Has 8 Comments

  1. Gerstenmayer

    Bravo, c’est bien dit.. Je n’ai pas non plus un agréable souvenir des séances de TP de chimie ‘post prandiales’, d’où une conso de café abusive… Jusqu’au jour où j’ai découvert le jogging à l’aube avant le petit-déjeuner, ça éclaire la journée.

    1. Lea Herbreteau

      Jogging à l’aube… 😬 Tu as mon respect éternel !!!

  2. Astrid

    Hyper intéressant ! Je vais faire lire ton article à tous les aspirants auteurs que je connais et qui se prennent la tête parce qu’on leur a dit de faire un miracle morning et d’écrire tous les jours sous peine de mort mais sauf qu’en fait c’est pas le rythme qui leur convient.
    En tout cas, autant je m’en fiche de connaître la routine (en plus j’aime pas ce mot) de tel ou tel auteur, autant avoir une vision d’ensemble des grandes tendances qui se dégagent je trouve ça hyper cool
    A part ça j’adore lire tes articles et trouver mon nom au milieu haha <3

    PS : t'as vu j'ai un nouveau site

    1. Lea Herbreteau

      Mais… Madame Saint Erin, vous avez pas vous même une petite miracle morning routine en vous levant un peu plus tôt chaque jour pour écrire avant d’aller au travail ?! 😜

      1. Astrid

        Je me lève à 7h15 au plus tôt, on est loin du miracle morning à 5h du mat ! Et puis j’aime pas la méditation et je fais mon yoga le soir

        1. Lea Herbreteau

          Ah putain, je déteste la méditation aussi. Faut le faire tous les jours pendant au moins 20 minutes et gnagnagna… Une nouvelle charge mentale !

  3. Sabrina P.

    La rou… quoi ? Personnellement, j’écris de manière tellement bordélique, parfois des heures sans m’en rendre compte… et parfois un mois se passe sans que j’aie écrit une seule ligne… Teh, ça sonne exactement comme le mois de septembre que je viens de passer ! En vrai, j’écris plein de trucs, mais pour mon boulot, ça compte pas. Je suis de retour, j’espère caler 30 minutes d’écriture tous les jours, quoi qu’il arrive… Rendez-vous au 30 septembre 2021, si j’ai pondu ce put*** de roman. Belle journée, Sabrina.

    1. Lea Herbreteau

      Ahaha ! Je vois bien le truc.
      Mais une belle obsessionnelle comme moi ne peut avoir qu’une idée en tête : essayer de m’organiser au maximum pour en tirer partie.
      Après, je suis également persuadée que des périodes sans écriture ne peuvent pas être néfastes, au contraire !

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